De bonnet de cuire a un casque en fibre de carbonne: L’evolution des casques


La prochaine fois que vous voyez Kimi Raikonnen ou Lewis Hamilton enfiler leur élégant casque en fibre de carbone, imaginez les plutôt porter un casque en cuir. Et par casque, j’entends un bonnet de bain en cuir.

Attendez…un bonnet de bain en cuir  ? 

Oui, c’est ce qu’utilisaient les premiers pilotes pour se protéger pendant une compétitions sur leurs engins à quatre roues, il y a environ 100 ans de ça.

A la naissance de l’automobile, on ne pouvait pas vraiment qualifier le rythme de “rapide”. Une voiture pouvait atteindre une vitesse maximale de 30, 40 km/h, ce qui restait beaucoup plus lent que la référence en transport de l’époque : le train. Il n’y avait pas de réel besoin de protection à part une paire de lunettes pour empêcher les potentiels débris présents sur la route d’atteindre les yeux (tout de même important). Ce n’est que lorsque les voitures ont commencé à s’améliorer avec des pointes au delà de 30 km/h – et sans que le conducteur et ses passagers soient littéralement secoués à chaque mètre parcouru, que la question de la sécurité a commencé à être considérée.

Mercedes Simplex, rallye Gordon- Bennett (photo: Media Daimler)

Des voitures comme la Mercedes Simplex, voiture “ouverte” de 90 chevaux pouvant atteindre des vitesses aux alentours de 160 km/h, à l’origine du record de vitesse à Daytona en 1904, montrent que les pilotes peuvent dorénavant aller plus vite, et que de simple lunettes ne suffisent plus à les protéger. Apparaissent désormais ainsi des “chapeaux” en matières souple et chaude – l’idéal pour garder la tête et les oreilles à l’abri du vent et des projections. Cela résoudrait éventuellement le problème. 

Cependant, très rapidement, les voitures furent capables d’atteindre des vitesses de plus en plus élevées, comme la Capmbell-Napier-Railton Blue Bird (y’a-t-il plus long nom pour une voiture ?) atteignant une pointe à 404 km/h. Cette bête au profil aéro caréné, propulsée par un énorme moteur d’avion l’ayant propulsée à une vitesse toujours considéré comme rapide dans nos standard actuels, était pilotée par Sir Malcolm Campbell, qui comme bons nombres de pilotes de l’époque, étaient des anciens pilotes d’avion de chasse portant des casques en cuir. Cela les protégeaient du froid et du bruit extrême, ainsi que leur visage du feu. Naturellement, ils ont commencé à les porter dans les courses automobiles.

Les années 40 marquent la fin des casques en cuir, avec l’arrivée des casques de polo. Il devint obligatoire de porter un casque avec une coque extérieur en matière rigide, remplie de coton pour l’intérieur. Ce dernier offrait une bien meilleure protection contre les impacts et étaient combinés avec des écharpes pour protéger le visage et la bouche des pilotes contre l’huile et la boue.

Dans les années 50s, la popularité des Grand Prix et des sports mécaniques devient énorme. En 1954, Bell (un des plus grands fabricants de casques) commercialise le 500 tx, le premier casque produit en série pour les sports mécaniques, dont le design a été depuis utilisé depuis par différents styles de pilotes, allant du week-end plaisir sur circuit au volant de son Austin Healey, jusqu’à des icônes tels que Steve Mcqueen ou Jim Clark dans leurs voitures de courses.

Développé par Roy Ritcher et Franck Heacox, qui étudièrent les casques utilisés dans l’aviation militaire, le Bell TX 500 fut conçu avec une doublure en mousse polyuréthane et une coque extérieure en fibre de verre, beaucoup plus efficace pour réduire les blessures crâniennes que les casques de polo des années précédentes. Ce fut également le premier casque à obtenir l’approbation Snell, qui réglementait jusqu’à récemment les normes en Formule 1.


Autour de 1968, les premiers casques intégraux font leur apparition. Inspirés du besoin chez les motards de “dirt” d’avoir leur visage couvert, ils furent la réponse au plus gros problème d’exposition des casques précédents qui laissaient malheureusement le visage exposé facilement aux blessures des pierres (pas terrible..!). A l’époque, l’arrivé de ces nouveaux casques fut grandement critiquée, à l’image du débat autour des halo dans la F1 actuelle. Personnellement, je tiens à mon visage, et conduire sans avoir à esquiver le moindre débris volant, c’est tout de même plus confortable… Peu après, les casques furent dotés d’une protection anti-feu (Nomex) permettant de réduire les risques de brûlure du visage, les voitures étaient à cette époque, souvent exposées au départ de flammes. Pas terrible non plus. 


C’est aussi dans les “sixties”, que des pilotes comme Graham Hill, Jackie Stewart ou encore Jo Siffert, ont commencé à décorer leurs casques : Hill aux couleurs du London Rowing Club, Stewart avec l’emblématique tissu écossais, et Siffert aux couleurs de la Suisse. Les couleurs des casques vont évoluer en des designs plus complexes, où des graphismes, des palettes de couleurs sont appliqués, allant même quelques fois par l’ajout de quelques sponsors, comme on peut le voir, ci-dessous, sur le casque de Ickx.

Jacky Ickx

Enfin, les visières débarquèrent, permettant aux pilotes d’avoir une meilleure protection des yeux et une visibilité beaucoup plus optimisée que les traditionnelles lunettes, tout en ayant la possibilité de les laisser légèrement ouverte pour profiter d’une légère brise. Le matériel s’améliore lui aussi, rendant les casques plus léger, avec une meilleure résistance aux impacts. 

Noveau casque FIA  2019 (Photo: www.momentogp.com)

Et après ? Eh bien, le design des casques est grossièrement resté inchangé pendant des années. Fut utilisé toujours le design de base, couvrant la tête et le visage avec une petite ouverture pour permettre aux pilotes de projeter leur regard (utile). Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Le casque de Nigel Mansell

L’effort fut porté sur l’amélioration des matériaux utilisées dans la fabrication des casques : le carbone kevlar par exemple. Plus de mousse à l’intérieur et différents types de constructions furent adoptées pour ne pas faire que protéger des coups, mais aussi les absorber. Aujourd’hui les casques de F1 sont conçus de façon à résister à un impact de 215 G. Le design est de plus en plus complexe, allant même jusqu’à ce que le look du casque soit en grande parti régi par les logos des sponsors.

Les ailettes que vous pouvez voir à l’arrière du casque de nombreux pilotes professionnels, viennent quasiment toutes du milieu de la monoplace où les pilotes sont exposés à de nombreux écoulements aérodynamiques. Cette ailette est conçue pour réduire les écoulements d’air indésirables, aidant à mieux les contrôler, et permettant – entre autres – de renforcer la quantité d’air allant dans l’admission, tout en générant moins de perturbation au niveau des appuis et de la traînée aérodynamique.

En conclusion, les casques d’aujourd’hui sont basés sur un design qui date tout de même des années 70, auquel sont venus d’ajouter de meilleures finitions et une sécurité associée aux évolutions technologiques. C’est un peu comme la Porsche 911 d’aujourd’hui, qui a évolué pendant 50 ans. Alors, un penchant pour les casques vintages des “Sixties”, ou bien les nouvelles générations ?

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